L'histoire du motocyclisme d'aventure
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Le motocross d'aventure était la norme à l'époque où les routes goudronnées étaient rares et où les motos n'avaient ni suspension ni roues de qualité. Aujourd'hui, rouler sur des terrains accidentés ou des chemins hors-piste inexplorés est un choix que certains motards apprécient.
Les vélos qui ont rendu cela possible (ou plutôt, plus confortable)
BMW et la R80 G/S
Le salon international IFMA de 1980 fut stupéfait par la présentation de la BMW R80 G/S, la première moto conçue pour autre chose que les routes goudronnées. Elle offrait une conduite aussi agréable sur route que sur chemin, une approche à contre-courant des tendances de l'époque.
D'autres marques se concentraient sur la création de la meilleure moto dans une seule catégorie, route ou tout-terrain, mais BMW a osé concevoir une moto capable d'évoluer avec aisance sur les deux types de terrain. Grâce à BMW, les motards n'auraient plus besoin d'une moto pour la route et d'une autre pour le tourisme (la conduite hors route).
C’est ainsi que naquit la première moto de tourisme d’aventure.

Yamaha et la DT-1
BMW a peut-être créé la première moto deux-en-un, mais Yamaha a lancé une moto tout-terrain de route en 1968. Bien qu'elle ait été conçue pour la conduite hors route, elle pouvait également être utilisée sur route (mais pas pendant de longues périodes).
La DT-1 était une moto deux-temps légère, ressemblant davantage à une moto tout-terrain qu'à une moto de route. Elle fut le premier signe de l'émergence de deux tendances dans le monde de la moto : d'une part, des motos légères et robustes, adaptées au tout-terrain ; d'autre part, des motos plus lourdes, plus robustes et plus puissantes, conçues pour la route.
Suzuki et la DR125S
Alors que Yamaha et d'autres marques privilégiaient le poids et la puissance, Suzuki a opté pour une approche différente avec la DR125S. Lancée comme un modèle double usage, elle a ensuite été commercialisée comme une moto tout-terrain homologuée pour la route. Autrement dit, il s'agissait d'une moto tout-terrain améliorée, équipée de clignotants, de feux stop et de phares.
La ligne DR est également à l'origine de la tendance du bec, ou fourche abaissée. Bien que dépourvue d'utilité pratique, elle est devenue un symbole de style qui perdure encore aujourd'hui.

Yamaha et la TDM 850
Yamaha a continué à faire figure de pionnier dans le domaine des motos d'aventure avec le lancement en 1991 de la TDM 850, la première moto d'aventure exclusivement routière.
La position de conduite était plus droite que sur les autres motos de route. Bien que sa conception s'inspirât d'une moto tout-terrain, elle était trop imposante et massive pour une véritable pratique du hors-piste. Elle pouvait cependant affronter les routes alpines grâce à sa suspension à grand débattement.
BMW et la R1100GS
Quatorze ans après la R80 G/S, BMW a lancé la R1100GS en 1994. Ce modèle était équipé d'un bicylindre amélioré, ce qui a permis d'accroître ses performances et de réaliser des ventes impressionnantes. Entre 1994 et 1999, près de 40 000 exemplaires ont été vendus. La version améliorée, la R1150GS, a quant à elle atteint les 60 000 ventes en cinq ans.
Grâce à ces modèles, BMW reste le roi des motos d'aventure.

Les débuts du motocyclisme d'aventure
Bien que ces motos n'aient été conçues que dans les années 1980, les motards pratiquaient déjà le tourisme d'aventure dès les années 1930. Bien entendu, ces motos n'étaient pas destinées à ce type de conduite, ce qui ne faisait qu'accentuer le caractère aventureux de cette activité.
Première Guerre mondiale
De nombreux passionnés affirment que les véritables origines remontent à la Première Guerre mondiale et aux motos utilisées par l'armée. Les motos Triumph servaient principalement au transport de canons lourds et à la transmission de messages entre le quartier général et les hommes dans les tranchées. Les pilotes devaient donc rouler vite sur des terrains extrêmement difficiles, ce qui constituait assurément une véritable aventure.

La moto Triumph
Elle manquait d'élégance et sa puissance était dérisoire, mais cela ne lui importait guère pour remplir sa mission. Fiable et rapide, elle pouvait couvrir de longues distances, même sur des terrains rocailleux et accidentés. Plus de 30 000 exemplaires furent produits pour les seuls soldats britanniques.
Bien qu'un side-car ait été ajouté en 1915, le modèle Triumph (et les motos en général) ne s'est jamais véritablement militarisé comme l'ont fait les chars d'assaut.
Lawrence d'Arabie
T.E. Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d'Arabie, était un érudit, écrivain et archéologue de renom. Il fut également l'un des premiers motards d'aventure, sillonnant les déserts d'Asie. Lawrence mourut à l'âge de 45 ans des suites d'un accident de moto.

Le motocyclisme d'aventure prend de l'ampleur
Ce type d'équitation a commencé à gagner en popularité entre les deux guerres mondiales, notamment auprès des militaires qui y trouvaient un moyen de surmonter leurs traumatismes. Il faudra attendre encore quelques décennies avant qu'il ne devienne populaire auprès du grand public.
Les années 1950
Ce n'est que dans les années 1950 que le voyage à moto d'aventure s'est démocratisé. Au départ, de nombreux motards prenaient la route et partaient explorer des pays exotiques pour parcourir les chemins de traverse (ou plutôt, les pistes de terre et de gravier). Parmi les motards d'aventure célèbres, on peut citer :
- Ernesto Guevara et Alberto Granado
- Ted Simon
- Emilio Scotto

Emilio Scotto
Considéré comme l'un des plus célèbres motards d'aventure, il a parcouru cinq continents, plusieurs sous-continents et 279 pays à moto. Il a parcouru plus de 800 000 kilomètres sur sa Honda Gold Wing de 1980.
Moto d'aventure aujourd'hui
Les motos ont bien évolué depuis l'époque où les passionnés modifiaient eux-mêmes leurs engins pour partir à l'aventure hors des sentiers battus. Aujourd'hui, les motards peuvent choisir parmi des modèles fabriqués par des marques comme Harley-Davidson, Yamaha, BMW, Royal Enfield et Kawasaki, pour n'en citer que quelques-unes.
